Echographie du clitoris

Odile Buisson, gynécologue française, est la première à avoir réalisé des échographies du clitoris… en 2008 !!!

En quelques mots, voici comment les choses ont débuté… Son collègue, Pierre Foldès, qui est spécialiste de la réparation des mutilations génitales féminines, lui propose de faire des échographies du clitoris. Elle reconnaît avoir eu comme première réaction : « mais ça s’échographie ce machin-là ? » ou encore : « Des échographies du clitoris, mais pourquoi faire ? » et avoir opposé un peu de résistance… qu’elle a vite mise de côté, se rendant compte qu’elle avait été, comme elle le dit, « excisée psychiquement ». En cours de médecine, le clitoris est le grand oublié. Et on échographie l’utérus, les trompes, les ovaires… mais pas le clitoris !! Elle explique avoir été elle-même complètement formatée : « Les médecins sont très formatés, nous ne sommes pas des originaux. On ne peut pas donner dans l’originalité dans la médecine, sinon on fait des bêtises. Donc on est très surveillés, on doit suivre les règles […] quand on nous a appris la gynécologie, on nous a jamais appris à regarder un clitoris »

Donc heureusement, Odile Buisson se met à faire des échographies. D’abord du clitoris au repos, puis stimulé par un doigt et finalement pendant le coït.

Ce qu’explique la gynécologue est que la médecine sexuelle masculine n’a quasi plus de secret ; on connaît l’anatomie, la physiologie, la fonction, la dysfonction et les pathologies du pénis… mais la recherche scientifique sur le clitoris, en 2015, est encore balbutiante. Cela notamment parce que si la médecine sexuelle masculine sert la reproduction (sans érection, pas d’éjaculation et sans éjaculation, pas de reproduction !), en revanche la médecine sexuelle féminine ne sert que le plaisir et le désir… et semble alors beaucoup moins légitime. Et de fait, il n’y a quasiment pas de financement.

Un dernier point à relever, Il y a une tendance très énervante dans le corps médical et la société en général à penser que pour les femmes, tout est dans leur tête. « Vous les femmes, c’est dans votre tête ! ». On se penche sur la psycho-sexologie du plaisir féminin alors que la recherche fondamentale ne suit pas… et pourtant, des données anatomiques, physiologiques, etc., il nous en faut !